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Saint Eutrope

Saint Eutrope, patron de la chapelle du Parc d’Ourville

La chapelle seigneuriale du Parc d’Ourville est dédiée à Saint-Eutrope, premier évêque de Saintes.

 

C’est un saint « importé » en Normandie où les lieux de culte qui lui sont consacrés sont peu nombreux : 3 églises paroissiale en Seine-Maritime, une dans l’Eure ; aucune dans le Calvados, l’Orne et la Manche. De toutes les cathédrales normandes, seule celle de Coutances a possédé une chapelle dédiée à Saint-Eutrope. Au diocèse de Rouen, Saint-Eutrope était patron de 18 confréries de dévotion.

 

Cependant, nous avons recensé 11 lieux où le culte de Saint-Eutrope est attesté dans les anciens diocèses de Coutances et Avranches (voir Carte)   Saint-Pierre-Eglise (mention en 1740 d’une chapelle dans l’église paroissiale) ; Saint-Lô d’Ourville : chapelle du manoir du Parc ; Brucheville (fragment d’huile sur toile dans l’église paroissiale) ; Coutances (chapelle dans la cathédrale) ; Bacilly (chapelle de La Rousselière) ; Vains (statue dans l’église paroissiale) ; La Godefroy (confrérie au XVIIIe S.) ; Saint-Michel-de-Montjoie (Statue dans l’église paroissiale) ; Hauteville-la-Guichard.

 

Dans son article « Promenade épigraphique dans le diocèse de Coutances (Revue catholique [semaine religieuse] du diocèse de Coutances et Avranches, n°7, 1873, pp. 109-110), l’Abbé Trochon mentionne : « A Octeville, dans la chapelle Saint Sauveur, où se trouvent les restes du vénérable prêtre que la pieuse mémoire du pays appelle le Bienheureux Barthélémy Piquerey, on lit sur la porte du Chœur :

« JE SUIS REEDIFIEE A
L’HONNEUR DE St SAUV
EVR Ste HONORINE St
EVTROPE ET St SULPI
CE EN L’AN 1659. JE
PRIE TOUTES LES BO
NES AMES D’AIDER
A M’ENTRETENIR »

Enfin, il y avait autrefois une foire Saint-Eutrope à Saint-Sauveur-le-Vicomte (communication de Julien Deshayes).

 

Jean Seguin (1) apporte les compléments suivants : Il y avait, au XVIIIè s., une confrérie de Saint-Eutrope en l’église de La Godefroy (canton d’Avranches) où, avant 1914-1918, le Saint était invoqué pour la guérison des enfants et de l’hydropisie ; l’église abritait une statue du Saint représenté en évêque… Le même auteur signale une statue du Saint dans l’église de Vains (bois, XVIIIè s.) et dans l’église de Saint-Michel-de-Montjoie. Il signale enfin, en l’église de Brucheville, un fragment de toile où un évêque bénit avec l’inscription « … EVTROPI ORA PRO… » et l’existence, en 1740, de la chapelle en l’église de Saint-Pierre-Eglise.

 

Saint-Eutrope est représenté en évêque avec une hache, ce qui permet de reconnaître son image parmi celles des autres évêques : on l’a martyrisé en lui fendant le crâne avec set outil.

 

La « spécialité médicale » de Saint-Eutrope est la guérison de l’hydropisie.
Le docteur Jean Fournée donne, à ce sujet, les précisions suivantes (2) :

« En 1416, la reine Ysabeau de Bavière, en bien piteux état, podagre et gonflée d’œdèmes, fit faire une neuvaine en l’église Saint-Gervais et offrit un cierge de 15 livres pour sa chapelle. La confrérie de Saint-Eutrope, en cette même église, usait d’un sceau représentant le Saint évêque guérissant un hydropique. Ainsi donc Saint-Eutrope était doublement prédestiné à sa vocation posthume de guérisseur : par l’étymologie réelle de son nom, en grec EUTROPOS c’est-à-dire celui qui tourne bien, et par sa déformation phonétique YTROPE, qui évoque HYDROPE et par conséquent HYDROPISIE. Effectivement, dans Rabellais, l’hydropisie est appelée « mal Saint-Eutrope ». Et il en était bien ainsi en Normandie, par exemple à Manneville-la-Raoult, Saint-Denis-du-Bosc, Surtauville dans l’Eure, Bénouville dans le Calvados, Bacilly dans la Manche (3) en la chapelle de La Rousselière où était le rendez-vous des hydropiques ou de leurs mandataires. L’hydropisie a une localisation courante, l’abdomen où elle provoque l’acite. Chez les enfants le fameux carreau, dans une de ses formes évolutives, provoquait effectivement un épanchement péritonéal. Cela s’appelait le « carreau d’eau » et justifiait le voyage à Saint-Ytrope en l’église de Versainville, prés de falaise, ou du Mesnil-Jean, prés d’Ecouché ».

 

Mais la guérison du « carreau » c’est, en Normandie, la spécialité de Saint-Martin :

 

« Pour la médecine, c’est la « tuberculose des ganglions mésentériques ». Ses symptômes fonctionnels s’accompagnent de ballonnements et de fièvre.»


« pour les paysans, c’est la maladie du gros ventre. Le carreau tel qu’on l’entend à la campagne, c’est le ballonnement abdominal des enfants atteints de gastro-entérite ».

 

A Hauteville-la-Guichard (Manche), Saint-Eutrope est encore sollicité pour la guérison des troubles de la ménopause.

 

Pour en terminer avec ces considérations médicales, la question est de savoir su, autrefois, on venait prier Saint-Eutrope en sa chapelle du Parc d’Ourville pour obtenir la guérison de l’hydropisie et du carreau ? pour l’instant, nous n’avons pas d’éléments de réponse.

 

Le 30 avril est le jour de la fête de Saint-Eutrope et on lit dans le calendrier des dictons (4) :

« Fais tes peis(5) le jour Saint-Eutrope
Il y en aura à troche (6) »

Ou encore :

« Quand on sème le jour Saint-Eutrope
On a des fèves à troche »

L’herbe de Saint-Eutrope est le nom populaire pour la Grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris) utilisée en cataplasmes contre l’hydropisie (7).

(1) J.Seguin, En Basse-Normandie et Haute-Bretagne, Saints guérisseurs, Saints imaginaires, Dévotions populaires, 3ème édition, Guénégaud, Paris, 1978.

(2) J.Fournée, Le culte populaire et l’iconographie des Saint en Normandie, étude générale, SPHAN, Paris, 1973, n° spécial des Cahiers Léopold Delisle.

(3) Bacilly, arrondissement d’Avranches, canton de Sartilly.

(4) J.Fournée, ibidem.

(5) Sème tes pois.

(6) Il y en aura en abondance.

(7) J.Fournée, ibidem, qui se réfère à A.L.Mercier, De la consécration de certaines plantes aux saints protecteurs et guérisseurs.

Le culte de Saint Eutrope dans le diocèse de Coutances et Avranches

(1) Saint-Pierre-Eglise (chapelle dans l’église paroissiale mentionnée en 1740).

(2) Saint-Lô-d’Ourville (chapelle seigneuriale du manoir du Parc).

(3) Brucheville (fragment de toile dans l’église paroissiale).

(4) Coutances (chapelle dans la cathédrale).

(5) Bacilly (chapelle de la Rousselière).

(6) Vains (statue dans l’église paroissiale).

(7) La Godefroy (confrérie au XVIIIe siècle).

(8) Saint-Michel-de-Montjoie (statue dans l’église paroissiale)

(9) Montcuit (statue dans l’église paroissiale)

(10) Hauteville-la-Guichard

(11) Octeville (chapelle Saint-Sauveur)

Quelques notices biographiques sur Saint Eutrope

1. Hippolyte Gancel : A l’aube de l’an 2000, Les Saints qui guérissent en Normandie, Editions Ouest-France, 1998, PP. 67-68.

 

«  Saint Eutrope
30 avril.

 

« Eutrope était un disciple de Saint-Denis. Il fut considéré comme l’apôtre de la Saintonge et devint évêque de Saintes au IIIè siècle. Ses prêches se montrèrent si efficaces qu’il parvint à convertir la fille du gouverneur de la cité. Il la baptisa et elle se voua à la religion du Christ. Impuissant à ramener à lui sa fille, le gouverneur fit arrêter l’évêque. Eutrope résista. On le martyrisa en lui fendant le crâne d’un coup de cognée.

 

« On le prie naturellement pour le mal auquel on estime qu’il aurait donné son nom, le « mal Saint-Eutrope », qui n’est autre que l’hydropisie. D’ailleurs un calembour discutable circule pour tenter d’expliquer, à partit d’un hypothétique Saint Ytrope, le pouvoir «guérisseur » du Saint.

 

« Dans le Calvados, Saint Eutrope est invoqué à Versainville (canton de Falaise). Dans l’église, un autel présente une superbe statue du Saint. On vient encore le prier contre l’énurésie chez les enfants. Sur l’autel, le pèlerin trouve une prière particulière et, tout à côté, des cierges. Il n’y pas très longtemps, on lui rendait visite pour obtenir guérison du « carreau » et surtout du « carreau d’eau » (carreau avec acite) redouté, à juste titre, de toutes les mères. On faisait une neuvaine de prières récitées pieusement au petit matin avant tout repas. Au cours de la neuvaine, on allait au Saint avec une louable régularité. Aujourd’hui, les temps sont en accélération alors on se contente du minimum. Au Ménil-Jean (canton de Putanges) où une haute statue l’immortalise dans l’église, une note précise qu’il est guérisseur du carreau d’eau et de l’asthme.

 

« Dans l’Eure, à Yville (canton du Neufbourg), il est appelé pour la guérison des enflures, de l’hydropisie et, curieusement, dans le cas d’opérations de la tête. Une prière, un cierge, une messe aussi, et tout est dit »

 

Prière à Saint Eutrope (Versainville, Calvados) :

« PAROISSE DE VERSAINVILLE»
« Prière à Saint Eutrope»

« Seigneur, Dieu tout puissant, qui avez accordé à Saint Eutrope, Evêque et Martyr,


le pouvoir merveilleux de guérir les malades et de ressusciter les morts, écoutez favorablement les supplications que nous vous adressons, afin que nous soyons
secourus par les prières de ce grand saint.


« Que Saint Eutrope nous protège dans nos afflictions et nous fasse
obtenir de votre miséricorde toutes les grâces qui nous sont nécessaires et que nous ne pouvons pas espérer de nos faibles mérites.


« Faites, ô mon Dieu, que par l’intercessions de Saint Eutrope, que Vous avez favorisé d’innombrables miracles de guérison corporelle et spirituelle,
faites, nous Vous en supplions, que nous imitions toujours ses vertus ici bas, afin d’être dignes de participer un jour à la gloire et au bonheur du ciel pendant l’Eternité.

 

« SAINT EUTROPE, ayez pitié de nous »

« SAINT EUTROPE, priez pour nous »

« SAINT EUTROPE, secourez nous »

2. Catholicisme Hier Aujourd’hui Demain, Encyclopédie en sept volumes dirigée par G.Jacquemé du clergé de Paris, n°14, Letoury et Ané, Paris, 1954.

 

« Saint-Eutrope,

« Premier évêque de Saintes, honoré comme martyr.

« Un poème de Fortunat (Carmina, I, 13) nous apprend que, vers le milieu du VIè siècle, la basilique suburbaine qui avait été élevée en son honneur tombait en vétusté. Elle fut réparée ou refaite par les soins de l’évêque de Bordeaux, Léonce. Le poème de Fortunat composé à cette occasion (vers 567), donne à Eutrope le titre de premier évêque de Saintes (urbis Sanctonicae primus fuit iste sacerdos), mais ne fait aucune allusion à son martyre.

 

« Grégoire de Tour a fait une place à Eutrope dans son livre en l’honneur des martyrs, composé vers 590 (In gloria martyrum, 55). De son temps, on disait qu’il avait été envoyé en Gaule par Saint-Clément. Ce Saint Clément ne pouvait être que le pape de ce nom qui vivait à la fin du Iier siècle. La notice de Grégoire de Tours nous révèle dans quelles circonstances on connut à Saintes qu’Eutrope avait été martyr. L’évêque Palladius avait organisé une fête pour le transfert des reliques du Saint, lorsque fut terminée la basilique construite en son honneur. Après la cérémonie, deux abbés se permirent de soulever le couvercle du sarcophage et crurent percevoir les traces d’un coup de hache sur le crâne. Dans la nuit qui suivit, le Saint leur apparut pour leur dire que cette trace portait témoignage de son martyre. Il n’y a pas de sérieuses raisons de douter que l’évêque palladius dont il est question dans ce récit est celui qui vivait encore lorsque Grégoire composa sa notice ; il était bien connu de Grégoire qui le cite à pklusieurs endroits de ses œuvres ; son épiscopat qui fut très long remontait à l’époque où Léonce acheva de reconstruire la basilique dont parle Fortunat ;le transfert des saintes reliques a pu se faire vers l’année 567.

 

« En dehors des données légendaires fournies par Grégoire de Tours, on n’a rien qui permette de dater avec précision l’épiscopat du premier évêque de Saintes. Il est très vraisemblable que la fondation de cette église , comme la fondation de celle de Bordeaux, se situe soit à la fin du IIIème siècle soit au tout début du IVème siècle.

 

« A partir du Vième siècle, le culte de Saint Eutrope a pris une grande extension. Le corps du Saint était resté dans la basilique placée sous son vocable ; les protestants brûlèrent ces reliques au XVIème siècle. Cependant on avait pu auparavant sauver divers ossements qui avaient été portés à Vendôme, et le chef qui se trouvait à Bordeaux. Ce dernier fut rapporter à Saintes… Le nom d’Eutrope est inscrit au 30 avril dans les martyrologes d’Adon et d’Usuard et au martyrologe romain. La fête est dans les nouveaux propres d’Agen, Cahors, Montauban, Angoulême et La Rochelle.

 

« Voir : B. de Gaiffier, Les sources de la Passion de S.EUTROPE de Saintes dans le « Liber
Sancti Jacobi » dans Anbales des Bollandistes LXIX, 1951, p.57-66 ».

3. Vie des Saints et des Bienheureux par les RR.PP. Bénédictins de Paris, Letouzey et Ané, Paris, 1946, t.IV, avril, pp.745-747.

 

« Reconnu par les habitants de Saintes pour leur apôtre et leur premier évêque.

« Tradition : Venu de Grèce à Rome sous le pontificat de Saint-Clément. Ce pape, après l’avoir sacré évêque, l’envoya en Saintonge pour y prêcher l’Evangile. Il se trouva en face d’un peuple difficile à gagner. Après divers essai de conversion, pendant lesquels il eu beaucoup à souffrir, Eutrope serait retourné à Rome. Le Pontife l’exhorta à reprendre courage et à se joindre aux autres missionnaires qui accompagnaient Denis l’Aréopagite dans les Gaules.

 

« Il retourna à Saintes et son deuxième voyage fut plus heureux que le premier.

 

« Parmi ses nombreuses conversions, on a mentionné celle d’Eustelle, fille du légat du prêteur des Gaules. Après sa conversion, elle voulu aider Eutrope. Le légat entra en fureur et souleva contre Eutrope des païens qui se chargèrent de le mettre à mort et de ramener Eustelle au palais. Il allèrent chercher le Saint homme dans la solitude où il se retirait, l’entraînèrent hors de sa demeure, le frappèrent à coup de bâton et finirent par lui fendre le crâne d’un coup de hache. Ils ne songèrent plus à Eustelle qui put recueillir le corps du martyr et l’ensevelir dans sa cabane ; elle fut mise à mort peu après. »

 

Eutrope fut oublié jusqu’au Vieme siècle. Le texte des Bénédictins de Paris donne une autre version de la découverte des reliques du saint :

 

« Eutrope apparu à deux religieux ; sur les indications qu’il leur donna, on trouva un sarcophage portant la simple inscription : EVTROPIVS. A l’ouverture, les ossements parurent au regard et l’on remarqua la trace d’un coup de hache sur le crâne. Ces religieux conclurent de là qu’Eutrope était mort martyr. La nuit suivante, ils eurent un songe et furent confirmés dans leur opinion. Dés lors, une église fut élevée tout prés de Saintes en l’honneur de Saint Eutrope par les soins de l’évêque Palladius ; cet édifice remplaçait un plus ancien et que l’évêque de Bordeaux, Léonce II, avait réparé ».

 

Le texte des Bénédictins de Paris nous apprend encore que le corps fut brûlé par les Huguenots au XVIème siècle, mais les reliques transportées à Vendôme et le chef à Bordeaux furent rapportées à Saintes. En 1843, on découvrit dans la cathédrale de Saintes un sarcophage portant l’inscription « EUTROPIUS » mais on ne sait si c’est celui dont parle Grégoire de Tours.

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